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II. PIERRE LAROQUE, ARCHITECTE DU SOCIAL
Une révolution personnaliste
C’est bien de Révolution qu’il s’agit lorsque Pierre signifie engagement, participation, autodétermina-
Laroque présente le tableau idéal d’une France tion, destin librement assumé qui fondent la dignité
dotée de Sécurité sociale, le 23 mars 1945, dans humaine. Au sortir d’un scientisme mécaniste et
un discours prononcé à l’École nationale d’Organi- déterministe qui était la marque de la III République,
e
sation économique et sociale (ENOES) à l’occasion de ses maîtres à penser (Comte, Littré, Berthelot…),
de l’inauguration de la « section des Assurances de ses dirigeants, les nouvelles générations posent
sociales ». Mais d’une Révolution humaniste, fon- la question du sens de l’homme, de la société, de
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dée sur le respect de la personne, face à l’économie. la politique. Le prospectus de présentation d’Esprit
Ce personnalisme était une constante des mou- (1933) représentait la personne en ces termes :
vements de pensée hétérodoxes des années 30 : « Une personne, ce n’est pas seulement un rouage
son manifeste (1931) l’Ordre nouveau, fondé par
Alexandre Marc et Arnaud Dandieu, affirme la per- économique bien adapté, ou bien une vie bien enten-
due : c’est un centre de liberté, de méditation, de
sonne « comme un acte et non pas comme un création, d’amour. C’est une vocation originale que
donné physique ou moral, matériel ou abstrait », la société doit développer dans son originalité. » 16
contre l’unité arithmétique de l’individu des démo-
craties libérales et du suffrage universel. Acte
Le mépris des régimes totalitaires pour la personne sur le futur ordre social, économique et politique
humaine avait conféré à ces interrogations existen- de l’après-guerre. Robert Salmon, fondateur avec
tielles une tragique actualité qui fondait la réflexion Henri Viannay des « Cahiers de Défense de la
15. Ce discours a été publié par la « Revue des Affaires sociales », 2008/1, n°1, pp. 151-163, sous le titre : Hommage à Pierre Laroque à l’occasion du
centième anniversaire de sa naissance, « Introduction » de Michel Lagrave.
16. Cité par J-L. Loubet del Bayle, op. cit. p. 451.
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