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sous deux aspects : l’expérience du droit social et son histoire (I),
l’institution sociale et son juge (II).
I. L’expérience du droit social et son histoire
Fils d’un magistrat à la Cour de cassation, Pierre Laroque a vécu
dans l’univers protégé de la bourgeoisie et suivi le parcours clas-
sique de L’École libre des sciences politiques où il prépare le
concours d’entrée au Conseil d’État qu’il intègre en1929 en qualité
d’auditeur. Presque aussitôt, en 1930, il publie avec son collègue
Roland Maspétiol, « La tutelle administrative », couronné par le prix
Odilon Barrot de l’Académie des sciences morales et politiques,
qui s’impose comme ouvrage de référence.
Rien ne prédestinait ce fort en thème à une carrière sociale. Son
passage au cabinet d’Adolphe Landry, ministre du Travail (1931),
en décida autrement. Les rencontres ont dû jouer leur rôle, et le
contact avec de fortes et attachantes personnalités, engagées dans
la cause sociale à l’instar de leurs prédécesseurs de l’élite réfor-
matrice (1890-1914). À commencer par le ministre lui-même :
Adolphe Landry (1874-1956), normalien, universitaire, philosophe,
Landry, peu conformiste, s’était intéressé à l’économie politique et
aux sciences sociales, avant d’instituer la démographie et la poli-
tique familiale qui était son cheval de bataille. Député de Corse,
maire de Bastia, il votera contre les pleins pouvoirs au Maréchal
Pétain. Laroque n’a pu échapper à l’ascendant qu’exerçait Georges
Cahen-Salvador (1875-1963) : passionné par le social, directeur des
Retraites ouvrières et paysannes au ministère du Travail, et l’un
des concepteurs de la loi sur les Assurances sociales (1928). De
1925 à 1939, il animera les travaux du Conseil national économique
(CNE), instance paritaire régulatrice du droit social et du dialogue
social.
Pierre Laroque participe à la mise en œuvre de la récente loi du
30 avril 1930 sur les Assurances sociales. Cette loi dessinait le
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