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80 ans


            son portrait, c’était  un homme plutôt  petit,  sanguin, boudeur,
            soupe au lait, du genre Louis de Funès, avec qui il aurait pu faire
            un duo explosif s’ils s’étaient connus.
            Mais il ne voulait rien entendre sur l’informatisation de la Sécurité
            sociale. Ce n’est pas M. Ubach qui dira le contraire. Et Dieu sait
            s’il avait insisté !
            Quant à moi, je voyais ça nécessaire, mais je m’inclinais devant la
            qualité des arguments de M. Ubach et de M. Bancarel.

            Et  voilà qu’ils  inventèrent  une  stratégie  pour convaincre
            M. Armengol. M. Ubach avait beau vanter les avantages de l’infor-
            matique par rapport à un système mécanographique traditionnel,
            sans compter les économies en personnel, rien n’y faisait.
            Le stratagème fut mis en place avec la complicité de M. Édouard
            Rossell, Vice-syndic à l’époque. Un beau jour, la Syndicature reçoit
            une invitation du directeur de l’Urssaf de Toulouse pour visiter son
            Centre d’Informatique. M. Rossell, invite à son tour M. Armengol,
            et nous voilà partis pour Toulouse avec ma Simca 1500 qui n’était
            pas le véhicule le plus indiqué ce jour-là vu l’état de la route.

            Une fois  arrivés  à Toulouse,  le  bel  immeuble  de  l’Urssaf nous
            impressionne. M. Bancarel nous reçoit  avec  sa courtoisie  habi-
            tuelle, nous passons devant la salle bruyante des perforatrices, et
            nous nous avançons tout au fond vers une grande pièce, toute en
            verre. On aurait dit un laboratoire de biochimie : silence et blouses
            blanches. Au fond, une grande baie donnait sur un jardin japonais,
            délicat, sensuel, imaginé par M. Bancarel, introduisant ainsi de la
            poésie dans un milieu plutôt austère.
            Le stratagème allait être déclenché. L’opérateur informatique savait
            ce qu’il avait à faire. Il entre après nous, nous présente les différents
            ordinateurs du Centre qui nous impressionnent. Il nous accom-
            pagne auprès d’une imprimante. Souvenez-vous des imprimantes
            de l’époque. Ces grandes machines avec du papier listing. Il la met-
            tait en marche et le papier imprimé tombait en accordéon, recueilli

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