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80 ans
Pierre Laroque et Jean Hourticq, pour le tome X de l’Encyclopé-
die française (L’État moderne), dont le directeur était Lucien Febvre,
cofondateur avec Marc Bloch de l’École des Annales. Nous avons
choisi ce texte pour trois raisons :
- C’est la première fois, à notre connaissance, qu’un texte
présente une nomenclature raisonnée de la protection so-
ciale, c’est-à-dire cohérente, renseignée par des définitions et
étayées par des grandeurs chiffrées ;
- cet article a de surcroît été écrit à un moment clef de l’his-
toire de la protection sociale : la création des Assurances so-
ciales, qui marque une avancée significative de la prévoyance
obligatoire ;
- et ce, dans un contexte international bien précis, qui a certai-
nement marqué la pensée de Pierre Laroque.
Revenons sur ces trois points :
L’arborescence de la protection sociale présentée par les deux
auteurs est résolument binaire et polycentrique, avec d’un côté
l’Assistance qui comporte deux pôles : l’Assistance publique et la
bienfaisance privée ; et de l’autre, la prévoyance qui peut être soit
libre : Épargne, assurances privées et Mutualité, soit obligatoire :
Assurances sociales et régimes spéciaux.
Cette nomenclature est complétée par la législation industrielle
(droit du travail et conventions collectives) et l’aide aux chômeurs
que Pierre Laroque rattache curieusement à la prévoyance alors
qu’elle semblait ressortir de l’assistance. Il faut néanmoins noter
une grande absente que les historiens ont depuis lors renseignée :
l’assistance militaire, conséquence majeure de la Première Guerre
mondiale, qui concernait pourtant des centaines de milliers de
personnes.
En dépit de ces lacunes et pourvu que soit contextualisé cet article,
on voit bien que les choses étaient en train de changer. Sous l’effet
de l’inflation et des dévaluations successives (celle du gouvernement
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