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d’importantes prérogatives sanitaires et sociales. Face aux consé-
quences de la guerre, ces représentants du peuple sont démunis,
incapables de remplir leurs obligations légales ; et leur impuissance
fait le lit de revendications corporatives ou catégorielles, dirigées
contre l’État républicain et le régime parlementaire.
D’où le modèle alternatif échafaudé par Pierre Laroque qui fait
une large place aux syndicats, reconnus comme représentatifs. Le
haut fonctionnaire souhaite alors les associer étroitement, sous le
contrôle de l’État, à l’élaboration de la législation du travail et à la
gestion des Assurances sociales. Il s’agit de les intégrer dans un
État fort et arbitre pour en finir avec les dérives corporatives nées
de la Grande Guerre. Ce sera fait en avril 1946, quand la décision
sera prise de confier la gestion de la Sécurité sociale aux syndicats
ouvriers en leur donnant, au nom d’une démocratie sociale réaffir-
mée, une place majoritaire dans les conseils d’administration des
caisses. Il est évident que la réalisation de l’unité syndicale depuis
mars 1936 a préparé le terrain, même si le pluralisme syndical a été
banni sous Vichy. Ce modèle fait par ailleurs du travail salarié le
pivot unificateur d’une protection physique et sociale, qui articule
trois volets : juridique (droit du travail) ; social (Assurances sociales)
et sanitaire avec l’organisation d’une médecine sociale, contrôlée
et collective qui connaîtra un développement important sous le
régime de Vichy. Tout cela dans la limite d’un plafond d’affiliation,
les Assurances sociales s’adressant aux salariés les plus modestes.
Enfin, c’est un modèle qui présente deux régimes d’effectivité :
une effectivité non garantie, celle de la législation industrielle qui
dépend du bon vouloir patronal et de la surveillance incertaine
de l’Inspection du travail. Et une effectivité garantie, celle des
Assurances sociales, fondée sur la double contribution ouvrière et
patronale qui ouvre droit à des prestations.
Grâce à ces trois caractéristiques, le modèle envisagé est technocra-
tique, car il tend à court-circuiter la démocratie élective représen-
tative qui faisait dépendre la santé publique et la protection sociale
du bon vouloir et de la compétence des élus locaux. On sait qu’il
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