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            pays ? Ces comparaisons ont certes permis d’établir des idéaux
            types ex-post, de distinguer par exemple des modèles bismarckiens
            des modèles beveridgiens, mais elles tendent surtout à lisser les dif-
            férences entre les composantes de la protection sociale. Elles pré-
            sentent aussi une vision désincarnée des modèles nationaux, sans
            faire ressortir les influences éventuellement transnationales qu’ils
            ont pu subir. Elles seraient enfin peu explicites sur l’agencement
            des protections entre elles.
            De là une certaine insatisfaction qui nous a conduits à question-
            ner la manière d’écrire l’histoire de la protection sociale en France,
            enjeu théorique de ce numéro spécial.

            II - Comment renouveler l’histoire de la protection
                  sociale ?


            Je distinguerais ici nos propres interrogations et celles que nous
            avons adressées aux chercheurs via l’appel à propositions d’articles :
            1°) Nos interrogations ont porté sur le périmètre de la protection
            sociale et sur la méthode qu’il convenait d’adopter pour l’appré-
            hender  dans  la  durée,  c’est-à-dire  sans  se  laisser  influencer  par
            les  enjeux du temps  présent  qui peuvent  biaiser ou parasiter  la
            réflexion.

            Nous sommes partis d’un constat tiré de la consultation des rap-
            ports des congrès internationaux sur les accidents du travail et les
            assurances sociales qui se sont tenus avant 1914. Toutes les formes
            de protection et d’autoprotection aujourd’hui connues existaient
            avant la guerre : qu’il s’agisse de l’assistance, de la coopération, des
            assurances publiques ou privées, de la mutualité, de l’épargne ou
            encore de la protection sociale d’entreprise. De même, toutes les
            techniques de protection ou modalités de réparation des risques
            sociaux étaient déjà maîtrisées avant 1914 : calcul actuariel assis sur
            des tables de mortalité et de morbidité, calcul des rentes basées sur
            des barèmes, régimes par capitalisation ou par répartition… Enfin,

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