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Vincent Viet
Poincaré en 1928 étant la plus significative avec une dépréciation
du franc des 4/5 de sa valeur par rapport au franc germinal d’avant
1914), la prévoyance libre recule nettement devant la prévoyance
obligatoire, incarnée par les Assurances sociales. L’État protecteur
français au milieu des années Trente n’est plus seulement assis-
tanciel, mais il reste par la structure de ses dépenses plus assis-
tanciel qu’assurantiel. Surtout si l’on tient compte des protections
léguées par la Grande Guerre en faveur des victimes du conflit. En
revanche, les bénéficiaires des Assurances sociales (qui englobent,
par la technique des droits dérivés, les conjoints et les enfants) sont
nettement plus nombreux que ceux de l’assistance, ce qui traduit
un changement majeur, un point de bascule dans la structure de la
protection sociale.
Enfin, le contexte international où apparaît cette nomenclature a
certainement marqué la pensée de Laroque. Dans les années Trente,
marquées par la crise économique, les démocraties se mesurent
en effet à des régimes autoritaires d’inspiration ou non fasciste.
L’Encyclopédie accorde d’ailleurs aux pays étrangers une place
considérable, avec cette conviction exprimée par Lucien Febvre
qu’un État moderne ne doit plus limiter ses fonctions à ses pré-
rogatives régaliennes : il se doit d’être à la fois interventionniste,
protecteur et régulateur.
Mais comment en tracer l’épure dans le respect des principes
démocratiques ? Vers quel modèle de relations sociales se tour-
ner pour résoudre l’équation à plusieurs variables d’une protec-
tion fragmentaire, éclatée entre l’État, les familles, la mutualité, les
assurances, les collectivités publiques et les associations profes-
sionnelles ; comment articuler, dans un réseau de protections, les
échelons national, départemental, communal et familial ?
Si ces questions se posent, c’est parce que la guerre a mis fin au
« modèle social républicain » (selon l’expression des historiens,
Serge Berstein et Odile Rudelle) où l’État intervenait ponctuelle-
ment pour ne plus avoir à intervenir, et où les élus locaux détenaient
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