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accompagner »  signalent les nouveaux impératifs   (parasubordinati)  et  espagnole  (trabajadores auto-
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            de l’action sociale. La loi de 2002, dite de « moder-  nomos),  et  l’auto-contradictoire  et  cacophonique
            nisation sociale », donne le ton. Elle se place sous   «  flexisécurité  ».  Déjà,  le  18  janvier  2010,  à  l’oc-
            le signe non plus de la « solidarité nationale », mais   casion de négociations sur l’UNEDIC et le contrat
            de la «  cohésion  sociale  », comme s’il urgeait de   PARE , le baron Seillière, au nom du MEDEF, pro-
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            recentrer une société en voie d’éclatement, de reca-  posait une « refondation complète du système de
            drer ses marges, de la remettre en ordre de marche.   relations sociales  » en vue d’aboutir à une «  nou-
            L’exposé des motifs liste les chiffres clé de la désaffi-  velle  constitution  sociale  » basée  sur des normes
            liation sociale d’une partie de la jeunesse. Le ton est   renouvelées :
            directif et martial ; on parle de « rebondir », comme   1.  primauté du contrat sur la loi,
            si dire c’était faire. Le chômage de masse justifie un
            encadrement  social  libéral  et  disciplinaire  aux  fins   2.  individualisation du contrat de travail et de la pro-
            d’«  autonomisation  »  des  bénéficiaires.  La  solida-  tection sociale,
            rité s’inverse. La dette sociale n’est plus première,   3.  logique  de  compétence  individuelle  et
            ontologique,  accordée de plein droit, incondition-   d’employabilité,
            nellement.  Désormais  le  bénéficiaire  est  d’abord   4.  responsabilisation du salarié,
            interpellé en qualité de débiteur, puis invité à coo-  5.  primauté de l’accord d’entreprise sur les autres
            pérer. Une  dynamique  identique  se retrouve  dans   accords collectifs.
            le  Projet  de  loi  (décembre  2014)  dit  «  Nouvelles
            opportunités  économiques  »  (NOE,  AN  n°2447).
            « Activer  » et «  déréglementer  » sont les maîtres   Pluralité des formes de contrat de travail
            mots. Pour moderniser l’économie et renouer avec   Le contrat de travail de droit commun est concur-
            une croissance durable, il faut « simplifier les règles   rencé par de nouveaux types de contrats qui ne sont
            qui entravent l’activité  économique  et renforcer   ni des CDI ni des CDD, tels le contrat de mission ou
            les capacités à créer, innover, produire », et donc   de projet, les contrats de retour à l’emploi subordon-
            ne pas hésiter à « stimuler la mobilité de la main   nant les versements des indemnités de chômage
            d’œuvre » en instituant les VTC, en assouplissant   à  l’acceptation  de  l’emploi  proposé…  Le  patronat
            la réglementation du dimanche et du travail de nuit,
                                                               peut se prévaloir de divers sondages  (Elabe, juin
            « tout en permettant de libérer les énergies là où les   2023 - Ifop, décembre 2024) qui attestent l’amélio-
            gains économiques seront possibles ». Désormais,   ration de l’image de l’entreprise dans l’opinion, en
            dans le rapport de travail, le lien de subordination, si   particulier  des  PME.  Même  si  les  grandes  entre-
            laborieusement  acquis, perd sa force structurante,   prises et le MEDEF font l’objet d’appréciations pour
            devient  flexible,  sinon  opportuniste.  On  dénonce   le moins contrastées, le patronat peut se flatter que
            l’obésité du Code du travail. « Faut-il le brûler ? » se   les valeurs entrepreneuriales l’emportent sur celles
            demandent d’aucuns qui organisent un colloque ad   de la politique.
            hoc (1986).


            Une défaite doctrinale                             Réformes pragmatiques des cadres
                                                               juridictionnels
            Deux sommités,  Robert Badinter et  Antoine Lyon-
            Caen, plaident pour des coupes claires dans la forêt   Un tel bouleversement  du droit du travail appelait
            obscure du droit du travail dont l’illisibilité ajoute à la   une  réforme corrélative  des juridictions  du travail.
            confusion sociale. Leur livre  fait date et vaut sym-  Le  rapport  Marshall  (décembre  2013)  recomman-
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            bole. Il ouvre la voie à une « refondation sociale »,   dait de transformer les conseils  de prud’hommes
            titre éponyme du rapport  (2010) du juriste Jacques   en « tribunaux du travail » à composition échevinée
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            Barthelémy et  de l’économiste  Gilbert Cette.  Leur   en première  instance  et en appel.  «  L’échevinage
            constat  se  veut  «  sévère  »  pour le droit du tra-  proposé en première instance et en appel est une
            vail, cause de la crise. Il faut inverser les normes.   forte reconnaissance de l’intérêt qu’il y a pour le jus-
            « Cette refondation passe par la réduction du droit   ticiable à voir juger son litige par une juridiction où
            réglementaire  au  profit  du  droit  conventionnel  et   sont réunies la connaissance du droit et celle de l’en-
            de la pratique des contrats.  » Le renouvellement   treprise. » La division du travail entre un magistrat
            de la relation de travail – comprenons la dégrada-  professionnel,  président, et des assesseurs déten-
            tion du lien de subordination – passe par le volapük   teurs de la « connaissance de l’entreprise » occulte
            de  néologismes  majeurs  : l’énigmatique  «  para-  l’essence  du contentieux du contrat de travail  : le
            subordination » empruntée des législations italienne   débat se situe entre assesseurs salariés défendant

            44.  Cf. Isabelle Astier, « Les nouvelles règles du social », PUF, 2007.
            45.   Robert Badinter et Antoine Lyon-Caen, « Le travail et la loi », Fayard, 2015.
            46.  J. Barthelémy et G. Cette : « Refonder le droit social : concilier protection des travailleurs et efficacité économique », Conseil d’Analyse
            Économique, 2010.
            47.  Plan d’aide de retour à l’emploi (PARE).


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