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80 ans
Et nous avons eu la chance que le coprince français envoie en
Andorre un fonctionnaire qui était à l’époque inspecteur à l’Ins-
pection Générale de la Sécurité Sociale (devenue IGAS), M. Jean
Moitrier qui est arrivé le 1 juin 1966. Le Syndic général m’a
er
demandé de l’aider dans cette tâche-là. Ainsi, M. Moitrier et moi-
même, avons essayé de mettre en place un régime de protection
sociale.
Au mois de décembre 1966, Jordi Marquet nous a rejoints. Nous
étions trois, ça fait déjà un petit groupe. Nous avons donc tra-
vaillé sur cet objectif. Jean Moitrier a écrit tous les règlements que
M. Lages vous montrait tout à l’heure, les règlements généraux et les
règlements d’application. C’est ce qui a été mis en place après avoir
été voté par le Conseil général le 11 novembre 1966. Particularité,
cette réglementation a été approuvée par les coprinces par un
« Décret » de leurs Délégués Permanents du 29 décembre 1967
(qui met en place également le Règlement contentieux). Sinon elle
n’aurait pas pu être mise en place, parce que contestée par tout le
monde. Cette loi sur la Sécurité sociale est de ce fait exceptionnelle
car habituellement, la loi était élaborée par le Conseil général qui
l’approuvait, les coprinces selon la procédure dite du recours en
« quexa » pouvaient annuler cette décision.
Cela a été une petite révolution en Andorre. Comme je vous l’ai dit,
tout le monde était absolument contre, même les salariés étaient
contre la Sécurité sociale, personne n’en voulait. C’est la première
fois qu’on mettait un système d’imposition en place en Andorre
pour faire payer les gens qui n’en voulaient pas. Les syndics de
l’époque, MM. Julià Reig et Baro, ont décidé, ont mis en place et
ont tenu, envers et contre tous, pour l’application de la loi.
Et donc, le 1 avril 1968, et ce n’est pas un poisson d’avril, nous
er
avons eu la mise en place en Andorre d’un régime de Sécurité
sociale. Malgré tout, comme galop d’essai, à partir du 1 juillet
er
1966, les fonctionnaires avaient été obligés de cotiser à la Sécurité
sociale.
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