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Marie-France Laroque


            d’assurances sociales financées par des cotisations liées au travail
            salarié. À partir des années 1980-1990, la donne change avec une
            économie qui repose plus sur un capitalisme financier, une mon-
            dialisation qui peu à peu abolit les frontières dans les échanges
            commerciaux  et  accroît  la concurrence  – la France se  trouvant
            confrontée à des pays qui supportent des contraintes infiniment
            moindres que d’autres. On assiste aussi à une diversification des
            formes d’activité où le salariat n’est plus le modèle dominant. Sans
            parler de l’évolution purement sociale de la France et du vieillisse-
            ment de la société qui arrive déjà à grands pas. Ces évolutions font
            apparaître des besoins nouveaux qui n’ont plus rien à voir avec
            ceux que l’on a essayé de couvrir et que l’on a quand même réussi
            à couvrir après la guerre. Les besoins en termes de sécurité sociale,
            toujours avec le petit « s », ne sont plus aussi bien en phase avec ce
            qu’apporte la Sécurité sociale avec un grand « S ». Les ressources
            et les besoins ne s’ajustent plus tout à fait, d’où les difficultés que
            nous connaissons depuis un certain temps.
            C’est là où nous en sommes arrivés aujourd’hui. Sans doute faut-il
            revoir ce que nous voulons. Quels risques voulons-nous couvrir
            collectivement  ? Comment voulons-nous les  couvrir  ? Par  quel
            type de solidarité et de financement ?


            Je n’ai pas parlé de la gestion par les intéressés, qui est aussi un
            des points forts du plan de 1945, ce que l’on a appelé la démocra-
            tie sociale, et à laquelle on tend à opposer, je crois trop souvent,
            l’étatisation. Je ne suis pas personnellement certaine que ce terme
            d’étatisation  soit  approprié.  L’État  a toujours  été  présent  dans
            notre structure et si les conseils d’administration des organismes
            de Sécurité sociale jusqu’en 1960 géraient le personnel, ils n’ont
            jamais fixé le taux des cotisations ni le montant des prestations. Ce
            fut toujours la loi à l’initiative  du gouvernement.
            Donc, l’État a toujours été présent. Néanmoins, les fondateurs ont
            voulu éviter une gestion budgétaire, ce qui aurait été le cas si la
            gestion quotidienne de la Sécurité sociale avait été laissée à l’État.
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