Page 76 - lettre_crhssoccitanie_n°_spécial
P. 76

80 ans


            est aussi un signe positif à cet égard (seulement trois Urssaf en
            France pour réaliser une activité mutualisée). D’autres métiers ont
            disparu et d’autres qu’on a vu apparaître, et cela a créé des pro-
            blèmes sociaux difficiles pour les directeurs. Par exemple, les enco-
            deuses (d’ailleurs on en parle au féminin, je n’ai jamais vu d’hommes
            dans ces salles), les salles de saisie, les services d’encaissement, les
            caissiers avec leur revolver, les imprimeurs, les standardistes, sans
            oublier les dactylos et les sténodactylos qui étaient indispensables.
            Il  y  a  un  métier  dont  il  est  significatif  d’évoquer  la  disparition.
            C’est celui d’organisateur. Alors, pourquoi ce métier était majeur ?
            Simplement parce qu’à l’époque, nous étions dans une taylorisa-
            tion d’activités qui était indispensable et qui rendait nécessaire la
            plus-value  des  organisateurs  qui,  progressivement,  ont disparu,
            notamment du fait de l’intégration de leurs activités dans les lignes
            managériales. Les managers ont pu reprendre à leur compte l’in-
            formatisation en s’appuyant aussi sur des données qui n’existaient
            pas à une période relativement récente. Je rappelle que, pour les
            opérations, on en était souvent au stade du bâton qu’il fallait rayer
            en base 5.
            Il ne faut pas oublier non plus l’évolution des métiers des agents de
            direction. Un agent de direction supérieur n’existait pas s’il n’avait
            pas une assistante et une ou deux secrétaires, et fort heureusement,
            là aussi, ces activités ont fortement évolué.


            D) Ma quatrième partie sur l’évolution de la perception du service
            et de son coût sera assez brève.
            La sécu, c’était quoi ? Avant l’irruption du web, la sécu, c’était une
            grande machine à recevoir et à renvoyer du papier. La sécu, les
            dépenses administratives, à 50 %, c’était des dépenses de papier et
            d’affranchissement. En termes de services, c’était un service qui ne
            permettait pas à l’assuré d’avoir une vision de sa propre situation.
            Et donc, en termes de coût, on a là, effectivement, un gain abso-
            lument considérable. Nous sommes passés de 190 000 salariés du
            régime général dans les années 1970 pour 50 millions de Français
            74
   71   72   73   74   75   76   77   78   79   80   81